Pour une polémologie du e.learning
Bon je sais !
Je ne devrais pas écrire des titres comme ça, ce n'est pas bon pour le moral
(des troupes ?). Mais la tentation est grande.
De quoi donc, direz-vous ? D'utiliser des termes savants pour une réflexion
sociologique... sur quoi déjà ? Mais sur la guerre pardi !
Sur la guerre économique par e.learning interposé. Et vas-y
que je t'instruis de mon granule de compétence à frappe chirurgicale. Et va là
que je te bombarde de formation à distance avec ma supermegaplateforme
scormisée 30 millions de yeux bridés (appelés depuis l'inflation de leur
pouvoir économique "Messieurs" ou "Nos Amis" les Chinois).
Adrien pas de polémique, Adrien pas de politique !
OK ok, mais bon, on peut quand même penser non ?
On a intérêt même, on a intérêt à comprendre les causes sociales d'une
guerre, fusse-t-elle "que" économique. Car le chômage ça
fait mal, ça crée de la souffrance. C'est comme les conséquences de la
radioactivité d'une bombe atomique. Ca vous range de l'intérieur, vous êtes mal
dans votre peau, vous y perdez la santé.
Et dans cette perspective dites-vous bien que le e.learning n'est pas un
outils, mais une arme.
Des analyses polémologiques sur le réseau Internet existent,
et pour cause. Les réseaux de communications sont fortement impliqués dans les
guerres, et le Net est également un espace sociologique. Mais on n’a pas encore
une approche polémologique du e.learning.
Pourtant les World Company connaissent bien la puissance de frappe de la
formation stratégique et distribuée par leur intranet, pour l'accompagnement au
changement. Le drame du e.learning est que c'est encore trop l'arme des
riches pour devenir plus riches.
En gros, pour développer une idéologie économique qu'en laissera beaucoup sur
le carreau, quoi qu'ils en disent les politiques.
Pendant ce temps, le e.learning social reste encore de la belle vitrine aux
couleurs du Fonds Social Européen.
Pendant ce temps, on est pas capable d'innover les processus d'information et
de formation qui éviteraient à des entreprises artisanales viables de ne pas
trouver de repreneurs.
Pendant ce temps, les branches professionnelles qui concernent surtout les TPE
sont à la traîne.
Pendant ce temps, les organismes collecteurs sont dans l'attente.
Pendant ce temps, certains financeurs demandent je ne sais plus quelle preuve
pour financer du e.learning.
Pendant ce temps, le clivage entre entreprises fusionnées à grand capital et
les petites entreprises, les artisans, se creuse. Tout comme l'écart entre nos
citoyens les plus riches et les plus pauvres, de plus en plus nombreux.
Alors, le e.learning n'est pas une arme ? Il ne mérite pas son beau livre de
polémologie : "De Bello Gallico" ?
Ah, on me dit que le titre est déjà pris !