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Novantura, la nouvelle aventure des savoirs et du travail

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Ce texte, "Novantura pourquoi", présente les raisons d'être de l'association que j'ai crée avec une amie, autour de la convergence entre nouvelles modalités de travail et nouvelles modalités de formation. Cette convergence est, me semble t-il, au coeur de nos débats à Ars Industrialis.
Société cognitive, formation tout au long de sa vie, centration sur l’apprenant… réalité et marketing social se croisent ses dernières années, complices les technologies de l’information et de la communication.
On tend à nous faire croire que l’individu serait de plus en plus acteur de son évolution personnelle et professionnelle via le fait d’être un « s’apprenant » (une belle expression comme seuls nos amis québécois savent en faire).
En France, la réforme de la formation professionnelle, la VAE, le DIF, semblent nous confirmer cet état de grâce formatif qui permettrait à tout individu de prendre sa place dans la société.

Magnifiques perspectives, sauf que…

Sauf que la relation au travail continue à être victime d’une désaffection progressive, et les jeunes générations n’y voient trop souvent qu’une obligation alimentaire ou la possibilité de trouver leur place au soleil, moyen de survie ou de valorisation narcissique. Sauf que, malgré un temps de travail réduit de moitié en un siècle en France, les études montrent que le sentiment de pénibilité, le stress, ne s’est pas du tout réduit, bien au contraire.

Qu’est ce qu’il se passe ? Nous postulons que les sociétés dites cognitives sont aussi les plus consommatrices de bien, les plus grandes prédatrices de ressources matérielles, et donc aujourd’hui les plus dépendantes d’une exigence de qualité, d’un plus de compétences, pour se garantir une croissance économique, face au miracle économique asiatique et chinois en particulier. Il faudra alors « réagir en temps réel », « granulariser les compétences », « augmenter la compétitivité », « se développer à l’international »….

Terrible paradoxe que celui d’une société où le savoir « centré sur l’individu » n’est qu’un élément de choix d’une guerre économique. Que cet individu n’ait pas d’autre liberté que de déterminer sa façon de servir de chair à croissance.

Terrible paradoxe que cette neo-taylorisation positionnant l’individu dans un processus économique d’une effarante complexité, dont le sens lui échappe, alors que cette même prédation produit comme message une incitation à la valorisation de ses désirs, dans une valorisation du « moi » réduit à un « ça » pulsionnel.

Est-il possible dans cette situation ne pas voir l’incohérence éthique des discours sur les savoirs et notamment dans la formation professionnelle ? Cette centration pédagogique sur l’individu, avec ses parcours individualisés, personnalisés, faudrait qu’elle soit asservie à un système de production de bien et de services qui soit la négation même du processus auto-créatif de l’homme, qu’elle soit asservie à une idéologie économique privée de sens éthique, arraisonnant le monde à défaut de savoir le raisonner ?

Comment s’étonner alors que dans cette société de l’opulence les humains soient de plus en plus nombreux à « péter les plombs », à trouver dans les absences pour maladie, les anxiolytiques et les antidépresseurs, les nouvelles formes plus ou moins fréquentables de spiritualité, une mise à distance de que qui les ronge au quotidien, y compris dans leur activités professionnelles ?
Comment s’étonner de cette désaffection pour le travail vécu comme un élément de survie ou de revanche sociale ?

Décidément, société cognitive n’est pas synonyme de société plus juste. Au contraire, même quand les indicateurs de croissance sont au beau fixe, la grande pauvreté ne cesse d’augmenter.
Peut-être faudrait-il changer d’indicateurs pour définir la croissance ?
Et pourtant…. Pourtant un autre monde est possible. Possible, nécessaire… et même souhaité par nos concitoyens désemparés. Non, le boom des créations d’entreprise n’est pas seulement lié au dépit d’une impossible réintégration dans le salariat. Il y a pour beaucoup la volonté de se réapproprier du sens de leur travail.

Non, les Français n’aiment pas particulièrement les grandes entreprises « racheteuses », fusionnantes et délocalisantes , ni leurs patrons. Ils sont en revanche attachés à leurs petites entreprises et à leur artisanat.

Oui, de plus en plus de français sont sensibilisés à la notion d’entreprise éthique, à tel point que des grosses entreprises reprennent à leur compte ce terme dans leur stratégie marketing on investissant sur des actions vitrines pour légitimer leur « éthique ».
Oui, de plus en plus de français sont sensibles à des possibilités d’alternative économiques, de modalités solidaires de travail, de commerce équitable.
Oui de plus en plus de Français voudraient, sans trop pouvoir le formuler, le conceptualiser, le vivre, un changement économique générateur de moins de souffrance psychique pour tous et de moins de pauvreté pour les plus démunis.

Novantura existe à partir de ces réflexions, de ces intentions, de ces désirs, de ces actions de terrain.

Le projet Novantura est résumé dans la phrase « la nouvelle aventure des savoirs et du travail » est simple. Le discours sur la connaissance et sur les apprentissages et les modalités de travail de la plupart d’entre nous en France sont schizophrènes.
Parler de centration sur l’individu qui apprend et lui enlever sa finalité « d’être de production » dans l’utilisation de cet apprentissage relève d’une pensée au mieux très mal pensée, au pire démagogique.

Novantura œuvre à associer la société cognitive, notamment les pratiques modernes de formation intégrant la distance et les technologies de l'information et de la communication, à l’émergence d’une économie d’acteurs conscients de leur propre action sur le monde par le biais de leur travail.
Elle opère en aidant à mettre en cohérence, dans une approche économique humaniste et solidaire, la formation professionnelle, la gestion des ressources humaines et les dynamiques de production de biens et de services.