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seances:10-2014

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Séance Ars industrialis PACA du 31 octobre 2014

Repenser et actualiser les rapports entre art et industrie

L’industrie culturelle, terminologie aujourd’hui dérivée en industrie créative, est devenue la forme dominante ou hégémonique de la production et diffusion des biens culturels. Même si l’on ne doit pas ignorer les postures qui persistent dans le champ de l’art, et sont même ce qui le font consister et exister : par les singularités que cela constitue, mais qui ont bien du mal à subsister. Une et même des critique(s) des industries culturelles ont été développées par de nombreux intellectuels européens et américains. Dont la pensée d’Adorno remarquait une « désartification » au profit d’un élargissement de la sphère culturelle. Ce questionnement est à nouveau urgent dans le déploiement des technologies numériques à échelle hyperindustrielle, et elle nécessite plus qu’une critique : des propositions radicales et réalistes. Pour une « réartification », ou une réorganisation fondée sur l’art, en tant qu’ars, et peut-être comme « ars industrialis » ou savoir-faire industriel. Il est donc nécessaire de repenser et requalifier l’art, sa conception, son évaluation. Ce qui signifie alors repenser aussi l’industrie, ses modes de production et d’organisation, à partir de gestes inventifs, et pour cela non automatisés. « La fonction de l’artiste est capitalement celle d’un inventeur » écrivait Jean Dubuffet dans « L’homme du commun à l’ouvrage » (Gallimard, 1973) en poursuivant : « Mais le caractère propre d’un art inventé est ne pas ressembler à l’art en usage, et par conséquent (…) de ne pas sembler être de l’art. » Et si encore, selon Dubuffet, « la main parle », ce à quoi elle œuvre, elle le fabrique alors aussi symboliquement, et spirituellement. Cette contribution consiste à envisager les prémisses d’une conception renouvelée de l’art et du geste artistique, de son sens, social, symbolique, etc.., dans une dimension organologique, c’est-à-dire complexe et si possible complète. Ceci pourra se faire par l’observation et l’analyse des pratiques et des organisations à l’œuvre dans le cadre des mutations actuelles des conditions de la création et de l’invention en art, à l’époque des technologies numériques. En vue de concevoir et réaliser une nouvelle organologie. Et, écrit Bernard Stiegler dans son article « Ars et inventions organologiques dans les sociétés de l’hypercontrôle » (à paraître) : « L’art a à jouer un rôle insigne dans l’invention en matière organologique en général ». Il poursuit : « au sens où celle-ci est toujours d’une manière ou d’une autre organologique, c’est à dire : consiste toujours à inventer techniquement ou technologiquement, et non seulement artistiquement. »

Prochainement, conférence de Bernard Stiegler « Vers un art de l’hypercontrôle » le 16 décembre à Aix-en-Provence, organisé par Alphabetville, et l’Ecole supérieure d’art d’Aix.

En préparation de la séance, à lire sur le site d’Art press, l’article de Franck Cormerais Entre « sculpture sociale » et design des existences, la poétique du numérique : http://www.artpress.com/article/19/05/2013/entre-sculpture-sociale-et-design-des-existences--la-poetique-du-numerique/29013

Interventions de :

Colette Tron, critique, directrice d’Alphabetville, Marseille

Thomas Ricordeau et Anne-Catherine Céard, enseignants en design graphique, Lycée St -Exupéry, Marseille

Collectif Réso-Nance, artistes et créateurs du fablab Lieu de Fabrication Ouverte, Friche Belle de Mai, Marseille

Franck Cormerais, philosophe, enseignant en Information et Communication à l’Université de Bordeaux 3 (par skype)

Écouter la séance :

Visuels :

helle_presentation.pdf

openfrac2.pdf

Commentaires :

seances/10-2014.1417478466.txt.gz · Dernière modification: 2014/12/02 01:01 par thomasricordeau