Ecologie de l’esprit

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Écologie (de l’esprit)
 
 

L’écologie est le logos de l’oïkos (demeure, habitat). L’écologie, historiquement, est d’abord une science (systémique) qui étudie la relation des êtres vivants entre eux et avec leur environnement physico-chimique. Il n’y a pas d’écologie sans une certaine idée du milieui. L’écologie, d’une manière à la fois plus précise et plus générale, est ce qui s’engage à penser (et à modifier) notre milieu de vie (or celui-ci, nous le savons depuis près de deux siècles, est industriel).

 

Écologie de l’esprit. De même qu’il faut se soucier de la qualité des milieux naturels, afin d’assurer leur fécondité future, de même il faut se soucier de la nature des milieux psychiques dans lesquels naissent et se développent de futurs esprits. L’écologie de la nature est en quelque sorte une dimension de la question de l’écologie de l’esprit, ou, mieux, d’une écologie générale des milieux : naturels, techniques, institutionnels, symboliques, etc. En effet, l’écologie de l’esprit conditionne la résolution des problèmes d’écologie naturelle : il faut changer l’esprit des consommateurs si l’on veut modifier leur comportement. Car ces consommateurs qui déjectent de plus en plus tentent avant tout de compenser une misère symbolique savamment entretenu par des industries culturelles toxiques.

 

Écologie industrielle de l’esprit et du désir. La crise écologique outrepasse largement le problème (bien réel) d’une biodiversité en danger. L’écologie, telle que nous la définissons, ne doit pas être réduite au concept d’environnement (ou pire, au marketing de la Terre-Nature d’Arthus Bertrand), à moins d’entendre par celui-ci l’ensemble des relations que constituent notre milieu (à la fois psychique, social, et technique). Où l’on voit que la question de l’écologie est bien plus celle de la culture que de la nature. Mais c’est encore trop peu dire, puisqu’il faut aborder la question écologique à partir du capitalisme culturel (informationnel ou cognitif). L’écologie, telle que nous l’entendons, suppose de comprendre que la question esthétique, la question politique et la question industrielle n’en font qu’une (il s’agit donc de penser une nouvelle politique industrielle pour redonner goût à ce milieu qui n’en a plus). La captation mercantile de la libidoi a ruiné le désir et les possibilités de sublimation, ce pourquoi nous invitons à réfléchir sur une nouvelle écologie industrielle de l’esprit et du désir (non pas que tout désir soit tendu vers l’esprit, mais il n’est de désir sans esprit… et il n’est pas d’esprit là où tout est marchandise). L’écologie de l’esprit c’est donc une question de ré-articulation entre l’individuationi psychique, l’individuation collective et l’individuation technique. Ces trois régimes, ces trois règnes, sont intrinsèquement liés et, par moments, se désajustent, se cannibalisent l’un l’autre. Cette écologie demande de rebâtir un nouvel espace publici, de réinventer sur le long terme une nouvelle chose publique susceptible d’accueillir des régimes de singularités à l’intérieur de l’organisation technique.