association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit
L’économie, étymologiquement, est le nomos (la loi, le droit) de l’oïkos (l’habitat, le foyer, la maisonnée). Mais cela fait longtemps qu’on sait qu’il n’est pas de foyer (intérieur), sans échange (extérieur). L’économie, d’une manière très générale, est l’étude de l’échange.
L’économie libidinale est un concept freudien fondamental. La libidoi est une énergie sexuelle. L’économie de cette énergie est constituée par sa mise en réserve, son exploitation ou sa tansformation. L’enjeu est de travailler à une économie libidinale qui transforme la satisfaction des pulsions, par essence asociales, en un acte social (ce que Freud nommait la « sublimation »).
On aurait tort de séparer ces deux économies, puisque l’économie publicitaire et consumériste joue sur et avec l’économie libidinale.
Bataille en 1949, critiquant le Plan Marshall, disait que les Américains doivent comprendre qu’on ne peut pas faire une économie comme on change une roue, il faudra bien à un moment donné qu’ils réinjectent du potlach. Nous disons nous que l’économie doit réinjecter des idéalités sublimées (ce que nous nommes « consistances »).
Économie et écologie. En quelque sorte, Ars Industrialis prend très au sérieux le préfixe oïkos, car il est convaincu que la question économique et la question écologique se rencontrent dans celle du milieui (rencontre, qui n’est pas celle du développement durable – ce beau pléonasme qui prétend mettre l’économie au service de l’écologie, sans que cela modifie la compréhension des deux termes en jeu).
Sortir de la crise… Le nouveau capitalisme mondial ne renouvellera ses énergies qu’à la condition d’inventer une nouvelle logique et de nouveaux objets d’investissements (au double sens de l’économie industrielle et de l’économie libidinale). Nous sommes convaincus que les technologies de l’esprit sont une chance (pourvu qu’on la saisisse) d’investir sur le désir qui manque à ce consumérisme en panne.
Économie de la contribution. Si internet rend possible l’économie dite contributive (typique du logiciel libre), c’est parce qu’il est un milieu technique tel que les destinataires sont mis en principe en position de destinateurs. Cette structure participative et en cela dialogique est la raison de son succès foudroyant (il y a 20 ans internet n’existait pas). Ce succès d’internet ne sera véritablement un succès économique (au double sens du terme) que s’il fait l’objet d’une politique publique industrielle.