association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit
La bêtise est ce qui, en nous, nous rend honteux d’être homme. Ce qui semble nouveau n’est ni la bêtise, ni le thème de la bêtise (ex. Flaubert), mais la bêtise systémique en tant qu’elle est le fruit d’un psychopouvoiri que l’on nomme télécratie.
L’intelligence est d’abord le produit la bêtise qui nous force à penser, à lutter contre elle. L’intelligence est ce qui nous élève. La philosophie contemporaine semble s’accorder sur le caractère originellement artificiel et externe de l’intelligence humaine. C’est une autre manière de dire que l’intelligence individuelle n’existe pas, en ce sens que le psychique est toujours supportée par des conditions socio-techniques, qui sont le milieui dans lequel toute intelligence se déploie ; autrement dit encore, l’intelligence est ce qui permet de relier (inter-legere) des individus désaffectés (de les réaffecter).
Lutte contre la bêtise systémique. L’époque actuelle se caractérise par une tendance à la destruction des milieux propices au développement de l’esprit et du désir, soit de l’intelligence, c’est à dire aussi d’individus humains majeurs, autonomes et singuliers. Pour lutter contre la bêtise systémique (qui génère une dépression, une désublimation ou une exténuation du désir, et pour finir l’incivilité et l’irresponsabilité), il faut au minimum ne pas croire à cette grosse bêtise métaphysique qui consiste à croire que la technique est un moyen au service d’une fin qui ne serait pas technique elle-même. Seule une bataille de l’intelligence contre la bêtise imposée par le contrôle du temps de cerveau disponible, c’est-à-dire par le populisme industriel, constitue une véritable possibilité de réenchanter le monde, de le rendre désirable, et par là de rendre à la raison son sens premier de motif de vivre.
Attentioni et intelligence. L’intelligence, ici, est comprise comme agencement de rétentions et de protentions produisant de l’attention. La formation de l’attention est la formation d’un désir d’intelligence, en tant qu’elle est inter-legere.
Ex. « Être en bonne intelligence » avec ses enfants suppose de rétablir le lien intergénérationnel que la télécratie (Canal J[1]) tente de détruire.
[1] Nous faisons référence à la campagne de pub stipulant que « nos enfants méritent mieux que ça » - ça désignant ici le père et le grand-père.
De la bêtise de définir la bêtise
Je n'ai encore jamais lu une définition de la bêtise qui ne soit pas bête.
Je ne dis pas cela pour dénigrer cette définition en particulier, les plus "grands" esprits s'y sont cassés les dents depuis bien des générations...
L'intelligencei a souvent tendance à vouloir définir "sa" bêtise... qui est généralement sa propre anti-thèse... (là encore, ce n'est pas tout à fait le cas de celle que vous proposez)
Ce type de définition peut être commode, utile...
mais n'en est pas moins faux dans la mesure où la bêtise est probablement beaucoup plus protéiforme que l'intelligence...
je veux dire par là que dans une situation donnée il peut y avoir plusieurs manières d'être intelligent, mais des multitudes et des multitudes de manières d'être bête...
L'intelligence a du mal à concevoir la multiplicité des bêtises...
et quand elle le fait, elle s'y abime souvent...
Pourquoi y a-t-il beaucoup plus de formes de bêtises que de formes d'intelligences ?
Par facilité.
L'intelligence demande souvent un effort de compréhension dont la bêtise nous dispense.
Mais pourrait-on dire pour autant que ce qui demande un effort de compréhension est de l'intelligence et que ce qui n'en demande pas est de la bêtise ?
Malheureusement pour la définition de l'une ou de l'autre, ce n'est pas le cas.
Un texte demandant un gros effort de compréhension peut développer un fort coefficient de bêtise...
On pourrait penser que l'intelligence s'oriente vers la construction alors que la bêtise est plutôt de l'ordre de la destruction...
Mais là encore, il est tout aussi difficile de considérer que les gens qui ont conçu et réalisé la bombe atomique n'étaient pas intelligents que de considérer que ceux qui veulent la détruire sont bêtes.
Mais en ce qui concerne votre définition en particulier, je dirais que dans le premier paragraphe, vous donnez, à mon avis, une définition morale de la bêtise (la honte est une question de morale)...
Dans le second paragraphe, un certain "agencement de rétentions et de protentions produisant de l’attention" dans ma personne me fait vous signaler qu'à mon avis, il manque un petit quelque chose dans la phrase : "L’intelligence est d’abord le produit la bêtise qui nous force à penser, à lutter contre elle."
(Petite erreur d'inattention, donc de...
et comme je l'ai signalé plus haut, je me demande parfois si ce n'est pas l'inverse).
Par ailleurs, je pense que l'intelligence individuelle existe... dépendant du contexte, certes, mais bel et bien individuelle.
Dans le troisième paragraphe, je suis d'accord avec votre critique d'une "bêtise systémique" (mais mon état "désublimé" fait que j'ai du mal à m'intéresser à la lutte contre celle-ci).
D'accord également avec le quatrième, l'attention est une chose extrêmement importante.
Dans l'exemple final, même si je suis d'accord pour penser qu'il faut désintoxiquer les humains (dont les enfants) de la télé, je pense néanmoins que vous avez un peu joué sur le mot intelligence.